Claire Planchard , 01men., le 29/07/2008 à 11h20
Moins cher qu’une résidence en Provence, plus rentable qu’un placement Robien : depuis un an, l’euro et la crise des « subprimes » ont dopé les investissements français dans l’immobilier outre-Atlantique. Décryptage.
Pas question toutefois pour ces nouveaux propriétaires de s’exiler outre-Atlantique. « A New York, 90 % des Européens n’ont pas l’intention de vivre dans leur appartement mais de le louer à l’année et de le revendre dans cinq ans avec une plus-value », observe Anne-Marie Moriarty. En Floride, la spéculation va aussi bon train. Mais certains investisseurs préfèrent joindre l’utile à l’agréable en privilégiant les locations saisonnières. « Ils peuvent venir dans leur résidence secondaire pendant les vacances et ont aussi parfois en tête d’y passer un à trois mois par an une fois qu’ils seront en retraite », observe Franck Dossa.
Revenus locatifs supérieurs et fiscalité allégée
Pour ces investisseurs, le potentiel du marché immobilier américain ne fait aucun doute. « On parle beaucoup de la crise, mais le marché immobilier à Miami tourne plutôt bien, c’est clairement un marché d’acheteurs : il y a énormément d’offres de ventes et de locations, car actuellement tout est en construction. C’est une ville toute neuve qui est en train d’émerger », note Laurence Colozzi. « Contrairement aux dispositifs Robien, on n’achète pas ici pour avoir un avantage fiscal mais parce que le marché est réellement porteur avec ses 12 millions de touristes par an et des capacités hôtelières insuffisantes », confirme Franck Dossa. Avec près de 80 % de résidants locataires, le marché new-yorkais est également une mine d’or pour ces investisseurs. « Les revenus locatifs y sont bien supérieurs, avec des taxes moins lourdes que dans une ville comme Londres, qui reste beaucoup plus chère en raison de la parité euro-dollar actuelle », explique Anne-Marie Moriarty.
Sur place, tout est fait pour faciliter la vie des acheteurs étrangers. « On peut acheter un appartement en trois à quatre semaines aux Etats-Unis : après quelques échanges par e-mail ou par téléphone, on vient visiter les biens sur place pendant deux, trois jours, et, si le client fait une offre, deux jours suffisent en général pour obtenir l’accord du vendeur. Le plus souvent, la transaction est ensuite finalisée à distance », résume Laurence Colozzi. Les agences proposent également souvent des services de gestion locative, des solutions de financement ou des conseils fiscaux ou juridiques pour optimiser le rendement de ces placements et accélérer les démarches administratives.
Transactions express pour affaires de dernière minute.
Tout va toujours très vite aux Etats-Unis. Mais, aujourd’hui, les agents immobiliers font monter la pression d’un cran : plus le temps d’hésiter si l’on veut profiter des meilleures affaires, estiment-ils. « On constate depuis deux, trois mois que les prix des biens les plus intéressants en termes d’investissement ne baissent plus aussi vite à Miami », prévient Laurence Colozzi. Pour Franck Dossa, les élections présidentielles américaines en novembre prochain pourraient également entraîner la remontée du dollar et signer la fin de cette période particulièrement favorable aux Européens. En attendant, les nouveaux arrivants prennent leurs marques dans leur Eldorado. « Le français est devenu la troisième langue la plus parlée à Miami », remarque Franck Dossa. « Une boulangerie-pâtisserie Paul vient même d’ouvrir sur Miami Beach et rencontre un succès fou! » C’est ça aussi, « le rêve américain pour une bouchée de pain » !




